Réunion du Conseil de Travail de RENATE, 5-11 Novembre 2017

Compte-Rendu du Conseil de Travail de RENATE à Malte 

Le Conseil de Travail de RENATE formé par 21 membres, représentant 20 pays d’Europe a eu lieu à Malte, au Mont St Joseph, Maison de Retraite des Jésuites le 5 – 11 novembre 2017 . En plus des membres du Conseil il y avait aussi 12 personnes de l’équipe et invités. Lire le compte-rendu. 

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Rapport annuel 2017 – RENATE

Lire le RAPPORT ANNUEL 2017 de RENATE

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ONU : les religieuses contre la traite des femmes et des enfants

Mgr Gallagher rend hommage au travail des religieuses contre la traite 

28 SEPTEMBRE 2017

Mgr Paul Richard Gallagher, Capture Salt&Light

Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États et chef de la délégation au débat général de la 72ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a prononcé un discours au cours de la discussion du panel interactif 2 de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur l’évaluation du Plan d’action mondial des Nations Unies pour lutter contre la traite des personnes.

La discussion du panel était consacrée au thème suivant : « Le Plan d’action mondial et les partenariats effectifs pour la protection et l’assistance des victimes, y compris à travers le Fonds d’affectation spéciale volontaire des Nations Unies pour les victimes de la traite des personnes, en particulier les femmes et les enfants, tout en prenant en compte la mise en œuvre des Objectifs de développement durable ».

L’intégralité de la déclaration en anglais se trouve ici.

Synthèse du discours:

Dans sa déclaration, Mgr Gallagher a affirmé que la déclaration politique sur la mise en œuvre du Plan d’action mondial pour lutter contre la traite des personnes demande de la compassion pour les survivants et des soins appropriés pour rétablissement et leur réhabilitation, en particulier en établissant des partenariats avec des organisations confessionnelles et d’autres partenaires pertinents. Il a souligné en particulier le travail de l’Église catholique qui encourage de tels partenariats, des conférences interreligieuses accueillies par le Vatican aux réseaux de religieuses comme Talitha Cum et RENATE, jusqu’au groupe Sainte Marthe.

 

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La rencontre interculturelle : une expérience spirituelle

Pope Francis embraces a young woman during an encounter with youth in Cagliari, Sardinia, Sept. 22. (CNS photo/Paul Haring)  

Introduction

Qui suis-je et d’où est-ce que je parle ?

Religieuse Xavière, j’ai vécu 11 ans en Afrique 4 ans en C-Ivoire et 7 ans au Tchad comme aumônier d’étudiants. Partie au Tchad à un moment délicat de l’histoire de notre congrégation (la mort par assassinat de notre sœur Christine jeune professe médecin de 33 ans)

J’ai accompagné beaucoup de personnes, laïcs et religieux ici et là-bas puis comme Responsable du noviciat de ma congrégation pendant 6 ans

Je suis à la DCC depuis 6 ans et plus …rencontres et stages, retraites spirituelles et surtout le suivi des volontaires sur le terrain !

1.  Qu’est-ce que c’est une rencontre ? à fortiori une rencontre interculturelle ?

Avant de parler d’une rencontre interculturelle regardons d’abord ce que met en jeu une rencontre au sens plénier de ce que signifie ce mot. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’une rencontre fugitive comme l’on croise quelqu’un dans le bus ou à la boulangerie en achetant son pain.

La rencontre dont nous parlons signifie qu’il y a eu un véritable échange, un véritable dialogue, une confrontation à l’autre, et à son ALTERITE, c’est-à-dire à son étrangeté. Mais où commence l’étrangeté de l’autre ? Est-ce sur la pigmentation de la peau uniquement ? Nous avons tous et toutes fait l’expérience d’une étrangeté parfois plus importante entre français…qu’avec des personnes d’origine culturelle différente ! je pense à des positionnements éthiques ou politiques totalement divergents (la peine de mort ou l’euthanasie, l’accueil des étrangers justement et migrants… le mariage pour les homosexuels par exemple sont des lieux où l’on peut vraiment se sentir TRES étrangers les uns aux autres entre français !

La rencontre dont nous parlons ici est une rencontre de l’autre qui implique une bienveillance et une écoute réciproque absolument nécessaire. Les conséquences de cette rencontre sont aussi une transformation des deux personnes, de leur manière d’appréhender le monde et le sujet abordé. Il y a un déplacement de part et d’autre. L’autre est AUTRE et par le fait même qu’il est différent, il me révèle à moi-même et me permet de me positionner. Il me déplace, me bouscule, m’enrichit et précise ce que je suis, ce que je veux et désire, ce que je ne veux pas.

2- De la rencontre humaine à la rencontre divine

C’est la même expérience dans l’expérience spirituelle : Dieu est le TOUT AUTRE, dans la prière, Il me révèle à moi-même, il me fait habiter mon intériorité et ma foi, vécue au jour le jour imprégnée de sa présence et de la méditation de son Evangile m’ouvre et me renvoie sans cesse vers les autres. Point de rencontre de Dieu sans solitude avec lui, mais sans renvoie également aux autres : la foi ouvre !

Cependant lorsqu’il y a rencontre humaine forte, y-a-t-il toujours rencontre spirituelle ? pas nécessairement ! Mais reconnaissons que l’expérience d’une belle rencontre humaine ouvre plus spontanément à la rencontre de Dieu. C’est l’expérience que font beaucoup de jeunes couples en découvrant l’amour humain. Ils découvrent qu’ils sont aimés de façon unique par quelqu’un et que cet amour vient de plus loin qu’eux. De plus lorsqu’ils se le partagent et en vivent, cet amour grandit entre eux et ne demande qu’à rayonner. Il les renvoie à plus loin qu’eux, ils ne peuvent qu’en témoigner…

Rappelons cependant que la rencontre fondamentale en régime chrétien c’est par le baptême qu’elle passe ; or dans le Christ, nous sommes tous frères et sœur dans l’Eglise. Dans l’Eglise il n’y a donc pas d’étrangers. Il n’y a que des frères et sœurs !

3- Partage d’expériences personnelles de rencontres interculturelles que j’ai reconnues comme étant pour moi une expérience spirituelle

ABIDJAN –COTE D’IVOIRE entre 29 et 33 ans (1989 à 1993)

Un choc affectif entre la richesse et la pauvreté qui devient tremplin missionnaire. Mes sœurs m’ont emmené visiter alternativement le même jour, le grand Hôtel Ivoire de la capitale et à ses pieds le village sorte de bidonville ou nos sœurs avaient vécu. J’ai pleuré au retour, choquée de cette différence. Cela fut un choc et c’est seulement à 29 ans que pour la première fois grâce à ma nouvelle vie en Côte d’Ivoire j’ai découvert que depuis mon enfance j’étais démocrate et que j’avais engrangé sans le savoir des tas de notions de justice, de paix, de non-violence, de bien commun…

Cela a attisé en moi le désir de me battre pour développer chez les jeunes universitaires auprès desquels j’étais envoyée, un vrai sens de cette justice et de la paix, du bien commun, à les former aussi à la non-violence active évangélique…Plus tard avec les « évènements » vécus un peu avant la mort d’Houphouet Boigny et l’avènement du multipartisme dans ces pays d’Afrique de l’Ouest, cela a chauffé et j’ai été confirmée sur mon positionnement de religieuse au service d’un autre pays que le mien : humilité et discrétion pour ne pas faire d’ingérence, mais présence et écoute pour faire la vérité, formation pour aider les jeunes à vivre cela le plus sereinement possible. Former les jeunes chrétiens pour être de vrais serviteurs de l’évangile, des martyrs parfois ? en tout cas des serviteurs souffrants ! nous avons avec les jésuites et des jeunes lancé un groupe : Foi et Analyse Politique.

 – Une Visitation : donner et recevoir la beauté et la gratuité. Dans les premiers jours la visite à Marcelline, la femme de Sébastien notre cuisinier qui venait d’avoir un bébé. Cela fut une véritable « visitation » pour moi. Outre la découverte de leur quartier et de leur habitation très simple voire pauvre, de leur mode de vie différent du nôtre, j’ai noté la joie de Marcelline. Son silence, son sourire et ses yeux me resteront marqués à vie. Elle ne disait rien mais elle goutait cette rencontre et j’étais émerveillée avec elle, toutes les deux les yeux sur le bébé dans ses bras puis à son sein…elle était très belle. De plus, ils m’ont superbement accueillie : boisson, gâteau, fruits…alors qu’ils n’ont rien ! J’ai reçu là quelque chose de l’évangile en acte : beauté et gratuité, simplicité. Elle était honorée, et elle était si humble…Cela m’a beaucoup parlé de la relation à Dieu, humilité radicale devant l’autre présent. C’est bien l’Afrique qui m’a fait découvrir la dignité dans la pauvreté, dans la souffrance…la capacité immense de résilience alors que tout semble s’effondrer

– La joie de la résurrection est déjà sur terre ! Le premier Noel à la paroisse. Tout le monde Bénédicte Lamoureux –CEF- 28 janvier 2017 3 dansait à la fin…j’étais toute jeune religieuse et l’on m’avait présenté la supérieure générale des sœurs de la congrégation autochtone de la ville, j’ai religieusement et respectueusement serré sa main… Mais là elle dansait tout ce qu’elle pouvait et toute l’Eglise avec elle, les prêtres etc…je me suis dit que je n’avais rien compris de la JOIE du ciel, ni de la résurrection et que je devais tout apprendre… !

Je me suis demandée ensuite…En qui je crois ? Quelles sont mes images de Dieu et du Christ ? est-ce que je peux voir et même imaginer Jésus danser à Cana ?

N’DJAMENA- TCHAD de 37 à 44 ans (1997- 2004)

  • La traversée de la peur : arrivée dans l’adversité à la suite de l’assassinat de notre sœur Christine. Comment faire confiance ? comment passer de la peur à la foi ? j’avais été mise « dans la chambre des mortes » disaient le gardien et le cuisinier de notre maison. Personne ne me l’avait dit et eux avaient peur pour moi. Mais cette chambre avait aussi été la chapelle à un moment… Je fais une expérience spirituelle forte une nuit ou je réalise que le St Sacrement devait être là où je dormais maintenant…Mon cœur dans ton cœur au désert… La suite de mon année bascule ensuite de la peur à la confiance et à la joie, à la fécondité de vivre cette mission au Tchad. Traversée pascale !
  • Avec les étudiants lors de la première retraite spirituelle. Je m’étais donnée du mal à préparer et à bien réfléchir comment aborder la question de l’Esprit Saint et des Esprits…j’avais demandé à une cuisinière de nous nourrir pendant les 5 jours en lui allouant un budget et je faisais confiance à sa cuisine et à sa perspicacité pour tenir jusqu’au bout d ce budget= avec de bons menus. A la fin de la retraite lorsque j’ai demandé aux jeunes un bilan rapide. L’ensemble a surtout relevé une chose pour eux essentielle : « Ma sœur, on a vu que vous avez mangé comme nous ! » Allez-vous casser la tête à vous demander comment leur parler du Père du Fils et de l’Esprit !!! ils vous observent et ensuite ils vous écouteront ! Cela m’a fait réfléchir : Leur annoncer le Christ Jésus et sa BN passe par MOI !

C’est-à-dire par ma personne et ma cohérence de vie…ma qualité de présence et d’accueil de leur culture sur le fond. Ce n’est que plus tard qu’ils sont passés à autre chose au plan spirituel car j’avais fait « de chez eux un chez moi » et ils me le disaient « vous êtes devenue Tchadienne » ce qui était faux…mais j’avais franchi des étapes de confiance importantes et par mon accueil de leur nourriture et de leur mode de vie je les valorisais…Leur joie a été grande lorsqu’ils sont allés jusqu’à me faire gouter des râbles de rats des champs et des hérissons grillés… !!

  • Des leçons de vie : Marius m’a fait découvrir mon individualisme et mes réflexes de riches. Un jour il arrive de la fac tout fatigué et ruisselant, maugréant car il n’a pas un sou pour s’acheter à manger. Je suis en train de déjeuner à la cafeteria du CCU avec une assiette de riz et des morceaux de viandes avant la réunion des chrétiens du centre. Je sens son agacement et je lui donne les 200 CFA pour une assiette. Immédiatement, il demande deux fourchettes et la partage avec un autre étudiant qui était là et que je n’avais même pas vu…Une claque dans ma figure ! non seulement j’étais seule à manger dans mon assiette mais en plus je n’avais pas vu l’étudiant et encore moins pensé à partager ! J’ai eu du mal à finir…cela m’a fait beaucoup réfléchir. La semaine suivante j’ai offert un plateau de riz à tous… Bénédicte Lamoureux –CEF- 28 janvier 2017 4
  • Achée : la fille de notre gardien a perdu son mari. Elle est en quarantaine d’abord dans sa maison puis dans sa concession. Je vais lui rendre une visite de condoléances. Elle me reçoit derrière un rideau tendu en angle entre deux murs de coin. Arrive un monsieur musulman et elle me glisse avec elle derrière le rideau, le monsieur ne doit pas me voir, il est lui de l’autre côté du rideau, je suis seule avec elle dans le coin. Je la vois joindre et ouvrir ses deux mains devant elle tranquillement, en signe d’accueil et pendant ce temps le monsieur récite une prière. Elle termine en passant ses deux mains devant son visage, et bientôt le monsieur s’en va…. Je rentre chez moi songeuse et je partage mon expérience avec ma communauté. Je suis mal à l’aise car je n’ai pas osé prier avec elle, et encore moins réciter un Notre-Père même silencieux. Pourquoi ? Pourtant elle me sait être religieuse catholique. Après réflexions en communauté, nous en discutons avec le responsable du diocèse chargé des relations avec l’islam. Lui nous affirme qu’il ose régulièrement réciter le Notre-Père avec les musulmans car justement il n’est pas question de Jésus, mais du Père, de Dieu…C’est à partir de là qu’avec ma communauté nous avons commencé à oser

SONT ESSENTIELS A LA RENCONTRE : Le dialogue de vie comme le dialogue de l’action : par exemple :le GIC le groupe Interconfessionnel c’est-à-dire des étudiants catholiques, protestants et musulmans qui s’étaient mis ensemble pour lutter contre l’injustice à la fac , contre les « NST » (les notes sexuellement transmissibles !)…par exemple des femmes réunies pour lutter contre la malnutrition infantile qui fabriquent des bouillies améliorées ensemble…

4- Qu’est-ce qui définit une expérience spirituelle ?

Des figures bibliques fortes peuvent nous aider à réfléchir

ABRAHAM

Ce Père dans la foi ! Ce pèlerin, ce migrant, celui qui part sans savoir où il va : il engage sa vie sur la parole entendue. Un homme qui fait confiance, chemine dans la foi, croit à la promesse sans avoir de preuve avant de partir. Il se livre à la rencontre et mieux encore invite à accueil au mieux les visiteurs (hospitalité dans Gn 18 la Tente d’Abraham…) cet inventeur de l’hospitalité – 1er lavement des pieds biblique…nous invite aussi à croire à la promesse car ce sont ces 3 visiteurs qui relèvent à Sarah et Abraham qu’ils auront un enfant dans un an…En rirons-nous avec eux ? A certaines étapes du chemin, offre le plus cher de sa vie (Gn 22 sacrifice d’Isaac)

Abraham nous aide à percevoir que notre vie ne vient pas de nous-même, elle est vient de plus haut et de plus loin que nous, elle nous est donnée, nous sommes référés à quelqu’un d’autre : un Dieu qui parle, qui entre en relation…

JESUS ET LA SAMARITAINE l’histoire d’une rencontre! (dans la bible les puits de la rencontre)

  • Jésus fatigué assis au bord du puits demande à boire à quelqu’un d’une autre ethnie, une Samaritaine venue puiser de l’eau à une autre heure que les autres femmes du village…il ose prendre l’initiative. Leurs échanges va les transformer l’un et l’autre…Elle n’aura plus besoin de puiser de l’eau Bénédicte Lamoureux –CEF- 28 janvier 2017 5 et lui n’aura plus besoin de boire ! L’eau vive de l’Esprit est à l’œuvre en eux. Quelque chose s’est passé ! « Si tu savais le don de Dieu !»
  • Les échanges entre Jésus et la Samaritaine font entrer dans la vérité de la relation….On ne peut mentir quand on approche Jésus. Il lui fait vivre une relecture profonde de sa vie avec délicatesse et précision. Elle ne se sent pas jugée, mais aimée (c’est tellement essentiel le non-jugement dans toute rencontre !). Libérée du poids de sa honte aux yeux des hommes, elle en devient même audacieuse, elle court annoncer ce qu’elle a vécu et dit déjà sa foi en Lui « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ! Ne serait-ce pas le Christ ? » et tous accourent.
  • Elle rayonne de la joie de la reconnaissance de la vérité de sa vie, elle a ressenti qu’elle était pardonnée et aimée immensément et bien au-delà de ses fautes…elle devient missionnaire de la miséricorde !

L’épisode de la Samaritaine montre qu’avec le Christ Jésus, la cohérence de notre propre vie nous est souvent révélée. Une unité intérieure se fait peu à peu. Jésus devient le centre, celui qui ressource toute vie et donne sens et orientation…Nous faisons bien l’expérience que c’est parce que lorsque l’on est bien avec soi-même, en paix, que l’on habite pleinement « chez soi » intérieurement que l’on est également davantage disponible à la rencontre de l’autre.

EMMAUS

Les disciples en marchant parlent des récents évènements de Jérusalem entre eux et sont tout tristes. Quelqu’un approche qu’ils ne reconnaissant pas et fait route avec eux, celui-ci écoute intensément et donne de belles explications…A l’auberge il semble vouloir s’éloigner discrètement mais eux le prient de rester. A la fraction du pain, ils le reconnaissent…et les voilà repartis à toutes allures vers Jérusalem !

Expérience d’une réelle rencontre qui pourtant les laisse à nouveau seuls ! Jésus ne se laisse pas saisir. Toute rencontre forte avec Lui est à la fois fulgurante et fugitive « Jésus qui m’a brulé le cœur aux carrefours des écritures » c’est une brulure vive qui fait basculer une vie mais qui ne peut être saisie, de l’extérieur elle peut même paraitre incompréhensible.

Comme toutes les rencontres de Jésus dans l’Evangile, Emmaüs nous montre qu’il y a bien un « avant » et un « après » la rencontre ! On n’en ressort jamais comme avant, jamais neutres. Ces rencontres avec Lui sont toujours une révélation dilatante et respectueuse de notre histoire personnelle. Comme si chaque fois Jésus disait à chacun sa vérité, son amour son attachement particulier et unique. Ces rencontres nécessitent disponibilité et gratuité, bienveillance. Après ces rencontres, l’on constate souvent une énergie renouvelée et décuplée, une joie…En même temps Jésus nous échappe toujours. C’est bien dans l’intériorité que se situe et que se vit la relation et sa résonnance en nous. Insaisissable car il est à la fois eau vive et esprit, pain rompu ici …qui se donne, chemin vérité et vie, porte…

5- Comment reconnaitre une expérience spirituelle ?

  • Lorsque vous ressentez paix et joie, unité intérieure et/ou unification, sentiment de cohérence et de sens profond…
  • Surprise et étonnement, admiration devant les personnes leur dignité, leur capacité de résilience…grand sentiment de respect intérieur
  • Emerveillements divers : devant la beauté de la nature, devant la fraternité possible ou d’accueillir pour vous-même quelque chose qu’en fait vous attendiez depuis longtemps au fond de vous-même…Chaque être vivant à de la valeur !
  • Déplacements, ouverture sur des horizons nouveaux, élargissement du cœur
  • Sentiment de s’enrichir immensément alors qu’en réalité vous avez moins d’argent, moins de confort, moins de temps pour vous, moins de silence…
  • Cœur tout enflammé d’amour pour les autres et pour Dieu…
  • Désir de prier, soif de solitude et de silence mais aussi, action de grâce
  • Désir de découvrir davantage la culture locale, les personnes, de lier des amitiés plus profondes
  • Désir de servir ces personnes, ce quartier, ce pays, Dieu, le monde entier…
  • Accroissement des 3 vertus théologales : Foi, Espérance et charité
  • Accroissement de la confiance en l’humanité
  • Accroissement de la capacité à avoir de la compassion, à pardonner, à avoir le cœur magnanime et miséricordieux

Epreuves et joies de la rencontre de l’autre

  • De l’incompréhension à la joie : quelle ouverture, dynamisme !
  • Elargissement du regard et du cœur car elle « humanise »
  • Elle ouvre le champ de la réflexion et fait déplacer des critères : le modèle européen, français n’est pas normatif, d’autres manières de vivre et de penser sont tout aussi valables..
  • Se laisser prendre par l’accueil ou entrer dans la confiance
  • Apprendre à recevoir de ceux qui n’ont rien mais sont toujours prêts à donner : la vulnérabilité partagée, est un vrai lieu de rencontre
  • Traversée des difficultés, des souffrances, des incompréhensions –
  • Se sentir perdu, désemparé…devant l’étrangeté, fragilisé, parfois humilié
  • Mise dans le silence et la solitude

Epreuves et Joies de la pauvreté

  • apprentissage de découvrir ses forces et ses fragilités, ses limites plus encore : au cœur de toutes ces pauvretés visibles découvrir la richesse de cœur des personnes. Comprendre que ma pauvreté c’est l’encombrement par mes richesses trop importantes dont je ne sais que faire, que je désire garder jalousement « pour moi » au lieu de les donner, de les partager…
  • Mieux encore ma pauvreté est une chance, un trésor ! j’apprends à me désencombrer de moi, à me libérer de mon importance, j’apprends même à oser demander de l’aide humblement ! je découvre les bienfaits de l’apriori de bienveillance, base de la confiance… dans toutes relations.
  • Apprendre aussi à vivre avec peu. A gouter les joies de la simplicité

Révélation d’un autre visage du Christ Jésus

  • Découvrir une autre façon de célébrer, de prier
  • Silence et solitude nécessaire à une vie intérieure personnelle,
  • Enracinement plus grand dans le Christ
  • Apprendre à me réjouir à Louer Dieu pour de petites choses
  • Se sentir en pleine connivence, avec des personnes si différentes est une expérience incroyablement riche

6- La figure du Christ est un modèle

Deux mouvements clés de toute rencontre, fondements de la vie spirituelle (Phil 2)

  • « Lui de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la croix !»

La suite du Christ nous entraine vers un « mouvement de descente » à sa suite, mouvement d’offrande et de dépouillement de soi.

La sortie de soi, de son jugement de son vouloir et de ses intérêts propres est une traversée de la « perte », de l’impuissance, de la souffrance, de la peur et la mort et configure au Christ dans son mystère pascal.

Ce mouvement est réel dans toutes rencontres vraies… la sortie de soi oblige à créer un espace pour l’autre en soi, elle permet la disponibilité et l’écoute, la bienveillance et la confiance. L’autre me fait bouger et me transforme. Mais je dois consentir à lâcher

  • « C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout au nom de Jésus s’agenouille au plus haut des cieux sur terre et aux enfers et que toute langue proclame « Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père »

Mais ces pertes paradoxalement nous libèrent et nous allègent, nous unissent au Christ ressuscité et vainqueur de la mort. Avec Lui nous entrons dans une confiance, une foi en la vie, en les autres… en Dieu

Cette expérience n’est rien d’autre que celle du baptême : tout baptisé est plongé dans la mort et la résurrection du Christ. C’est le fondement de toute rencontre dans le Christ. Une expérience de mort à soi et de résurrection par la transformation de soi par l’autre. Parce que tout être vivant est être de relation. « Au commencement était la relation » disait le philosophe Bachelard

Et l’autre est ma joie ! Il me fait jaillir des cris de joie !

7- Conditions pour vivre une expérience de rencontre interculturelle

La rencontre quelle qu’elle soit nécessite

  • Affronter sa peur de la nouveauté, se sentir étranger
  • Disponibilité et bienveillance
  • Ouverture et curiosité (sans excès !)
  • Importance de la gratuité et du temps libéré
  • Sortie de soi, de ses préjugés, de ses jugements, de son confort et de ses habitudes
  • Découvertes et Etonnements. Emerveillements
  • Traverser les chocs et les conflits culturels
  • Se laisser déplacer : Déplacements physiques et intérieurs

8- Conclusion

Petits rappels :

  • Nous avons TOUS un chemin à parcourir pour rencontrer l’autre ! l’Autre !
  • Je n’ai AUCUN POUVOIR SUR L’AUTRE, je n’en ai que sur moi !!
  • Garder un apriori de bienveillance et se faire un devoir, une habitude de ne pas juger
  • Sortir de soi de son vouloir et de ses intérêts propres…pour entrer dans la confiance et la patience !

Etre chez moi chez eux, c’est vraiment me déplacer, traverser mes peurs et mes jugements ! Aujourd’hui il y a un fort enjeu pour qu’ils soient aussi « chez eux chez moi et chez nous », bref à les recevoir vraiment

La Philoxenia , c’est le respect, l’accueil de l’étranger ! C’est consentir à se laisser bousculer !

En tout homme, il y a un « ailleurs », une intériorité, un chemin d’humanité qui nous relie et peut être le lieu d’une rencontre qui mène jusqu’à l’expérience spirituelle réelle et partagée…

Le Christ est notre unité, notre modèle et notre fondement, c’est avec Lui qu’il faut vivre toutes rencontres.

Croire que l’Esprit est à l’œuvre !

Par Bénédicte Lamoureux –CEF- 28 janvier 2017

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Message du Pape François pour la Journée des Migrants et des Réfugiés 2018

 Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié 14 janvier 2018

« Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants et les réfugiés »

Chers frères et sœurs,

« L’immigré qui réside avec vous sera parmi vous comme un compatriote, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous-mêmes avez été immigrés au pays d’Égypte. Je suis le Seigneur votre Dieu » (Lv 19, 34).

Durant les premières années de mon pontificat, j’ai exprimé à maintes reprises une préoccupation spéciale concernant la triste situation de nombreux migrants et réfugiés qui fuient les guerres, les persécutions, les catastrophes naturelles et la pauvreté. Il s’agit sans doute d’un ‘‘signe des temps’’ que j’ai essayé de lire, en invoquant la lumière de l’Esprit Saint depuis ma visite à Lampedusa le 8 juillet 2013En créant le nouveau Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, j’ai voulu qu’une section spéciale, placée ad tempus sous mon autorité directe, exprime la sollicitude de l’Église envers les migrants, les personnes déplacées, les réfugiés et les victimes de la traite.

Tout immigré qui frappe à notre porte est une occasion de rencontre avec Jésus Christ, qui s’identifie à l’étranger de toute époque accueilli ou rejeté (cf. Mt 25, 35.43). Le Seigneur confie à l’amour maternel de l’Église tout être humain contraint à quitter sa propre patrie à la recherche d’un avenir meilleur (Cf. Pie XII, Constitution apostolique Exsul Familia, Titulus Primus, I, 1er août 1952). Cette sollicitude doit s’exprimer concrètement à chaque étape de l’expérience migratoire : depuis le départ jusqu’au voyage, depuis l’arrivée jusqu’au retour. C’est une grande responsabilité que l’Église entend partager avec tous les croyants ainsi qu’avec tous les hommes et femmes de bonne volonté, qui sont appelés à répondre aux nombreux défis posés par les migrations contemporaines, avec générosité, rapidité, sagesse et clairvoyance, chacun selon ses propres possibilités.

À ce sujet, nous souhaitons réaffirmer que « notre réponse commune pourrait s’articuler autour de quatre verbes fondés sur les principes de la doctrine de l’Église : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer » (Discours aux participants au Forum International ‘‘Migrations et paix’’, 21 février 2017).

En considérant la situation actuelle, accueillir signifie avant tout offrir aux migrants et aux réfugiés de plus grandes possibilités d’entrée sûre et légale dans les pays de destination. En ce sens, un engagement concret est souhaitable afin que soit étendu et simplifié l’octroi de visas humanitaires et pour le regroupement familial. En même temps, je souhaite qu’un plus grand nombre de pays adoptent des programmes de patronage privé et communautaire et ouvrent des corridors humanitaires pour les réfugiés les plus vulnérables. En outre, il serait opportun de prévoir des visas temporaires spéciaux pour les personnes qui fuient les conflits dans les pays voisins. Les expulsions collectives et arbitraires de migrants et de réfugiés ne constituent pas une solution adéquate, surtout lorsqu’elles sont exécutées vers des pays qui ne peuvent pas garantir le respect de la dignité et des droits fondamentaux (Cf. Intervention du Représentant permanent du Saint-Siège à la 103ème Session du Conseil de l’OIM, 26 novembre 2013). J’en viens encore à souligner l’importance d’offrir aux migrants et aux réfugiés un premier accueil approprié et digne. « Les programmes d’accueil diffus, déjà lancés dans différentes localités, semblent au contraire faciliter la rencontre personnelle, permettre une meilleure qualité des services et offrir de plus grandes garanties de succès » (Discours aux participants au Forum International ‘‘Migrations et paix’’, 21 février 2017). Le principe de la centralité de la personne humaine, fermement affirmé par mon bien-aimé prédécesseur Benoît XVI (Cf. Lettre encyclique Caritas in veritate, 47), nous oblige à toujours faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale. Par conséquent, il est nécessaire de former adéquatement le personnel préposé aux contrôles de frontière. Les conditions des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés, postulent que leur soient garantis la sécurité personnelle et l’accès aux services élémentaires. Au nom de la dignité fondamentale de chaque personne, il faut s’efforcer de préférer des solutions alternatives à la détention pour ceux qui entrent sur le territoire national sans autorisation (Cf. Intervention du Représentant permanent du Saint-Siège à la 20ème Session du Conseil des droits humains, 22 juin 2012).

Le deuxième verbe, protéger, se décline en toute une série d’actions pour la défense des droits et de la dignité des migrants ainsi que des réfugiés, indépendamment de leur statut migratoire (Cf. Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in veritate, 62). Cette protection commence dans le pays d’origine et consiste dans la mise à disposition d’informations sûres et certifiées avant le départ et dans la prévention contre les pratiques de recrutement illégal (Cf. Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Itinérants, Instruction Erga migrantes caritas Christi, n. 6). Elle devrait se poursuivre, dans la mesure du possible, dans le pays d’immigration, en assurant aux migrants une assistance consulaire adéquate, le droit de garder toujours avec soi les documents d’identité personnels, un accès équitable à la justice, la possibilité d’ouvrir des comptes bancaires personnels et la garantie d’une subsistance minimum vitale. Si elles sont reconnues et valorisées de manière appropriée, les capacités et les compétences des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés, représentent une vraie ressource pour les communautés qui les accueillent (Cf. Benoît XVIDiscours aux participants au 6ème Congrès mondial pour la pastorale des migrants et des réfugiés, 9 novembre 2009). C’est pourquoi, je souhaite que, dans le respect de leur dignité, leur soient accordés la liberté de mouvement dans le pays d’accueil, la possibilité de travailler et l’accès aux moyens de télécommunication. Pour ceux qui décident de retourner dans leur pays, je souligne l’opportunité de développer des programmes de réintégration professionnelle et sociale. La Convention internationale sur les droits de l’enfant offre une base juridique universelle pour la protection des mineurs migrants. Il faut leur éviter toute forme de détention en raison de leur status migratoire, tandis qu’on doit leur assurer l’accès régulier à l’instruction primaire et secondaire. De même, quand ils atteignent l’âge de la majorité il est nécessaire de leur garantir une permanence régulière et la possibilité de continuer des études. Pour les mineurs non accompagnés ou séparés de leur famille, il est important de prévoir des programmes de garde temporaire ou de placement (Cf. Benoît XVIMessage pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié, 2010, et S. Tomasi, Intervention du Représentant permanent du Saint-Siège à la 26ème Session ordinaire du Conseil pour les Droits de l’Homme sur les droits humains des migrants,13 juin 2014). Dans le respect du droit universel à une nationalité, celle-ci doit être reconnue et opportunément assurée à tous les enfants à la naissance. L’apatridie dans laquelle se trouvent parfois des migrants et des réfugiés peut être facilement évitée à travers « une législation sur la citoyenneté conforme aux principes fondamentaux du droit international » (Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Itinérants et Conseil Pontifical Cor UnumAccueillir le Christ dans les réfugiés et dans les personnes déracinées de force, 2013, n. 70). Le status migratoire ne devrait pas limiter l’accès à l’assistance sanitaire nationale et aux systèmes de pension, ni le transfert de leurs contributions en cas de rapatriement.

Promouvoir veut dire essentiellement œuvrer afin que tous les migrants et les réfugiés ainsi que les communautés qui les accueillent soient mis en condition de se réaliser en tant que personnes dans toutes les dimensions qui composent l’humanité voulue par le Créateur (Cf. Paul VI, Lettre encyclique Populorum progressio, n. 14). Parmi ces dimensions, il faut reconnaître à la dimension religieuse sa juste valeur, en garantissant à tous les étrangers présents sur le territoire la liberté de profession et de pratique religieuse. Beaucoup de migrants et de réfugiés ont des compétences qui doivent être adéquatement certifiées et valorisées. Puisque « le travail humain est par nature destiné à unir les peuples » (Jean-Paul II, Lettre encyclique Centesimus annus, n. 27), j’encourage à œuvrer afin que soit promue l’insertion socio-professionnelle des migrants et des réfugiés, garantissant à tous – y compris aux demandeurs d’asile – la possibilité de travailler, des parcours de formation linguistique et de citoyenneté active ainsi qu’une information appropriée dans leurs langues d’origine. Dans le cas des mineurs migrants, leur implication dans des activités productives doit être règlementée de manière à prévenir des abus et des menaces à leur croissance normale. En 2006, Benoît XVIsoulignait comment, dans le contexte de migration, la famille est « lieu et ressource de la culture de la vie et facteur d’intégration des valeurs » (Benoît XVIMessage pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié, 2007). Son intégrité doit être toujours promue, en favorisant le regroupement familial – y compris des grands-parents, des frères et sœurs et des petits-enfants – sans jamais le soumettre à des capacités économiques. Une plus grande attention et un plus grand soutien doivent être portés aux migrants, aux demandeurs d’asile et aux réfugiés en situation de handicap. Tout en considérant louables les efforts déployés jusqu’ici par de nombreux pays en termes de coopération internationale et d’assistance humanitaire, je souhaite que dans la distribution de ces aides, soient pris en compte les besoins (par exemple l’assistance médicale et sociale ainsi que l’éducation) des pays en développement qui reçoivent d’importants flux de réfugiés et de migrants et, également, qu’on inclue parmi les destinataires les communautés locales en situation de pénurie matérielle et de vulnérabilité (Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Itinérants et Conseil Pontifical Cor UnumAccueillir le Christ dans les réfugiés et dans les personnes déracinées de force, 2013, nn. 30-31).

Le dernier verbe, intégrer, se place sur le plan des opportunités d’enrichissement interculturel général du fait de la présence de migrants et de réfugiés. L’intégration n’est pas « une assimilation, qui conduit à supprimer ou à oublier sa propre identité culturelle. Le contact avec l’autre amène plutôt à en découvrir le ‘‘secret’’, à s’ouvrir à lui pour en accueillir les aspects valables et contribuer ainsi à une plus grande connaissance de chacun. Il s’agit d’un processus de longue haleine qui vise à former des sociétés et des cultures, en les rendant toujours davantage un reflet des dons multiformes de Dieu aux hommes » (Jean-Paul IIMessage pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié (2005), 24 novembre 2004). Ce processus peut être accéléré à travers l’offre de citoyenneté dissociée des capacités économiques et linguistiques et l’offre de parcours de régularisation extraordinaire pour des migrants qui peuvent faire valoir une longue présence dans le pays. J’insiste encore sur la nécessité de favoriser, dans tous les cas, la culture de la rencontre, en multipliant les opportunités d’échange interculturel, en documentant et en diffusant les ‘‘bonnes pratiques’’ d’intégration et en développant des programmes visant à préparer les communautés locales aux processus d’intégration. Je dois souligner le cas spécial des étrangers forcés à quitter le pays d’immigration à cause de crises humanitaires. Ces personnes demandent que leur soient assurés une assistance adéquate pour le rapatriement et des programmes de réintégration professionnelle dans leur pays d’origine.

En conformité avec sa tradition pastorale, l’Église est disponible pour s’engager en première ligne en vue de réaliser toutes les initiatives proposées plus haut ; mais pour obtenir les résultats espérés, la contribution de la communauté politique et de la société civile, chacun selon ses responsabilités propres, est indispensable.

Durant le Sommet des Nations Unies, célébré à New York le 19 septembre 2016, les dirigeants du monde ont clairement exprimé leur volonté d’œuvrer en faveur des migrants et des réfugiés pour sauver leurs vies et protéger leurs droits, en partageant ces responsabilités au niveau global. À cet effet, les États se sont engagés à rédiger et à approuver avant la fin de l’année 2018 deux accords globaux (Global Compacts), l’un consacré aux réfugiés et l’autre concernant les migrants.

Chers frères et sœurs, à la lumière de ces processus engagés, les prochains mois représentent une opportunité privilégiée pour présenter et soumettre les actions concrètes dans lesquelles j’ai voulu décliner les quatre verbes. Je vous invite, donc, à profiter de chaque occasion pour partager ce message avec tous les acteurs politiques et sociaux qui sont impliqués – ou intéressés à participer – au processus qui conduira à l’approbation des deux accords globaux.

Aujourd’hui, 15 août, nous célébrons la solennité de l’Assomption de la très Sainte Vierge Marie au Ciel. La Mère de Dieu a fait elle-même l’expérience de la dureté de l’exil (cf. Mt 2, 13-15) ; elle a suivi avec amour l’itinéraire de son Fils jusqu’au Calvaire et maintenant elle partage éternellement sa gloire. Confions à sa maternelle intercession les espérances de tous les migrants et réfugiés du monde et les aspirations des communautés qui les accueillent, afin que, selon le plus grand commandement de Dieu, nous apprenions tous à aimer l’autre, l’étranger, comme nous-mêmes.

Vatican, le 15 août 2017

Solennité de l’Assomption de la B.V. Marie

FRANÇOIS

 

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Esclavage moderne et travail des enfants

40 millions de victimes de l’esclavage moderne et 152 millions de victimes du travail des enfants dans le monde

De nouveaux chiffres mettent en évidence que les Objectifs de développement durable, notamment l’Objectif 8.7, ne pourront être atteints sans un renforcement massif des efforts pour lutter contre l’esclavage moderne et le travail des enfants.

NEW YORK (OIT Infos) – Une nouvelle étude élaborée conjointement par l’Organisation internationale du Travail (OIT)1  et la Walk Free Foundation2  en partenariat avec l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM)3  révèle la véritable ampleur de l’esclavage moderne à travers le monde. Les données, publiées pendant l’Assemblée générale des Nations Unies, montrent que plus de 40 millions de personnes dans le monde étaient victimes de l’esclavage moderne en 2016. L’OIT a également publié une étude en parallèle sur le travail des enfants qui confirme qu’environ 152 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans étaient victimes du travail des enfants.

Les nouvelles estimations montrent aussi que les femmes et les filles sont affectées de manière disproportionnée par l’esclavage moderne et représentent 71 pour cent du total, soit près de 29 millions de personnes. Les femmes représentent 99 pour cent des victimes du travail forcé dans l’industrie du sexe à des fins commerciales et 84 pour cent des victimes de mariages forcés.

La recherche dévoile que parmi les 40 millions de victimes de l’esclavage moderne, environ 25 millions étaient victimes du travail forcé et 15 millions de mariages forcés.

Le travail des enfants reste essentiellement cantonné dans l’agriculture (70,9 pour cent). Près d’un enfant qui travaille sur cinq est employé dans le secteur des services (17,1 pour cent) tandis que 11,9 pour cent d’entre eux travaillent dans l’industrie.

“Les nouvelles estimations mondiales peuvent nous aider à élaborer et structurer des interventions visant à  prévenir le travail forcé comme le travail des enfants.»
Guy Ryder, Directeur général de l’OIT

Guy Ryder, Directeur général de l’OIT, a déclaré: «Le message qu’envoie l’OIT aujourd’hui – avec ses partenaires de l’Alliance 8.7  – est très clair: le monde ne sera pas en situation d’atteindre les Objectifs de développement durable  tant que nous n’aurons pas considérablement intensifié nos efforts pour lutter contre ces deux fléaux. Les nouvelles estimations mondiales peuvent nous aider à élaborer et structurer des interventions visant à  prévenir le travail forcé comme le travail des enfants

Andrew Forrest AO, Président et fondateur de la Walk Free Foundation, a déclaré: «Le fait que notre société compte encore chaque jour 40 millions de personnes est une honte pour nous tous. Si nous prenons en compte les données de ces cinq dernières années pour lesquelles nous disposons de chiffres, 89 millions de personnes ont été soumises à diverses formes d’esclavage moderne pour une période allant de quelques jours à cinq années entière. Ceci est aussi lié à la discrimination et aux inégalités dans le monde actuel. A cela s’jaoute une tolérance choquante face à l’exploitation. Nous devons mettre fin à tout cela. Nous avons tous un rôle à jouer pour changer la situation actuelle – le monde des affaires, les gouvernements, la société civile, chacune et chacun d’entre nous.»

A propos des données

Les nouvelles estimations mondiales sont le fruit d’un effort collectif des membres de l’Alliance 8.7, le partenariat mondial visant à éradiquer le travail forcé, l’esclavage moderne, la traite des êtres humains et le travail des enfants, qui rassemble des partenaires clés représentant les gouvernements, les institutions de l’ONU, le secteur privé, les organisations d’employeurs et de travailleurs et la société civile afin d’atteindre la Cible 8.7 des Objectifs de développement durable.

Les données sont publiées dans deux rapports:

Vous pouvez consulter les Estimations mondiales 2017 en ligne sur www.alliance87.org/2017ge 

Notes aux rédacteurs

Esclavage moderne

On estime à 40 million environ le nombre de personnes pris au piège de l’esclavage moderne. Les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée puisqu’elles sont 29 millions, soit 71 pour cent du total. Une victime de l’esclavage moderne sur quatre est un enfant, soit environ dix millions. 37 pour cent (soit 5,7 millions) des personnes forcées de se marier étaient des enfants.

Travail forcé

En 2016, à tout moment, quelque 25 millions de personnes étaient victimes du travail forcé. Parmi elles, 16 millions étaient victimes d’exploitation à des fins de travail forcé dans le secteur privé (travail domestique, construction et agriculture), environ 5 millions subissaient une exploitation sexuelle forcée et un peu plus de 4 millions de personnes (soit 16 pour cent du total) étaient victimes de travail forcé imposé par leur Etat.

Mariages forcés

En 2016, à tout moment, quelque 15,4 millions de personnes étaient victimes de mariage forcé. Sur ce total, 6,5 millions de cas se sont produits dans les cinq dernières années (2012-2016) et les autres cas ont eu lieu avant cette période mais la situation n’a pas évolué. Plus d’un tiers de toutes les victimes de mariages forcés étaient des enfants au moment de leur mariage, et pratiquement toutes les victimes parmi les enfants étaient des filles.

Travail des enfants

152 millions d’enfants – 64 millions de filles et 88 millions de garçons – sont victimes du travail des enfants, soit près d’un enfant sur dix dans le monde.  Le plus grand nombre d’enfants âgés de 5 à 17 ans victimes du travail des enfants se trouve en Afrique (72,1 millions), suivi par l’Asie et le Pacifique (62 millions), les Amériques (10,7 millions), l’Europe et l’Asie centrale (5,5 millions) et les Etats arabes (1,2 million). Environ un tiers des enfants âgés de 5 à 14 ans qui subissent le travail des enfants se trouvent hors du système scolaire.  Par ailleurs, 38 pour cent des enfants entre 5 et 14 and effectuant des travaux dangereux et près des deux-tiers de ceux âgés entre 15 et 17 ans, travaillent plus de 43 heures par semaine.

 

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RENATE à la Conférence des OING du Conseil de l’Europe

M. Hélène Halligon (RENATE), Sybille Bader et Mary Mc Hugh (Andante)

Marie-Hélène Halligon, a eu l’honneur de représenter RENATE qui est membre d’ANDANTE, (Alliance Européenne des Organisations de Femmes Catholiques) en participant pour la première fois à la Conférence des OING du Conseil de l’Europe, la dernière semaine de juin 2017.

Cette participation à la Conférence des Organisations Internationales non gouvernementales (OING) du Conseil de l’Europe est une première étape, le but de RENATE étant :

  • Le Statut Participatif pour RENATE. Nous le demanderons en mars 2018 et si tout va bien, il nous sera octroyé en décembre 2018.
  • Actuellement, le Groupe de Travail sur la Migration est le plus proche de notre préoccupation pour la Traite des Êtres Humains, mais nous allons travailler à la création d’un GT spécifique dès que possible.

Marie-Hélène nous partage son expérience.

Grâce à Mary McHugh, Présidente d’ANDANTE et Sybille Bader, leur représentante, ce fut une riche expérience qui nous a permis d’être impliquées dans les efforts de la Société Civile pour améliorer la démocratie participative.

Conseil de l’Europe – Strasbourg

La Conférence des OING tient deux sessions plénières par an, pendant les sessions de Janvier et de Juin du Conseil.

La Conférence des OING a trois commissions thématiques qui développent l’action de la Conférence dans les champs prioritaires

  • droits de l’homme
  • démocratie, cohésion sociale et enjeux mondiaux
  • éducation et culture

Les commissions ont pour but de faciliter la concertation des OING par secteurs d’intérêt, de présenter un interlocuteur commun à toutes les instances du Conseil de l’Europe et d’exercer ainsi une participation plus efficace aux travaux de ces instances. En établissant leur plan de travail, les commissions prennent en compte les préoccupations du Conseil de l’Europe et les thèmes d’actualité et les orientations et les programmes d’action de la Conférence des OING.

Chaque commission est animée par un(e) Président(e) et deux Vice-Président(e)s qui étaient élu(e)s en juin 2014 pour un mandat de trois ans. Les commissions se réunissent pendant les sessions de la Conférence. Les réunions sont ouvertes à toutes les OING dotées du statut participatif.  D’autres ONG et experts peuvent être invité(e)s aux réunions des commissions en fonction des thèmes traités.

Pour plus de details, voir : http://www.coe.int/fr/web/ingo/

Monday, 26th June – après-midi

Les Présidents des Groupes de Travail (GT) des OING (Organisations internationales non gouvernamentales) auxquels nous avons participé arrivaient à la fin de leur mandat de 3 ans. Les reunions étaient donc à la fois une conclusion et un processus de nomination de leurs sucesseurs.

Nous avons participé à plusieurs rencontres des GT :

  • Extrême Pauvreté et Droits de l’Homme – Le “ Processus de Turin ”: pour renforcer les droits sociaux en Europe.
  • Comment lutter contre le discours de haine.
  • Europe-Méditerranée – Une vraie réponse humanitaire et politique à la migration et à la crise des réfugiés en Europe. La crise des migrants et réfugiés est un des principaux défis auxquels doivent faire face les pays Européens, qui n’ont pas réussi à coopérer dans la gestion des causes. La crise devient alors un problème de gestion de la politique migratoire et non pas d’un manque de ressources ou d’aptitude. L’Assemblée Parlementaire a déjà fait des recommandations dans d’autres textes, qui forme un ensemble cohérent d’orientations politiques.
    Réfugiés et migrants en général, spécialement les femmes et les mineurs non accompagnés, sont des cibles spécifiques du crime organisé. L’an dernier, des rapports mentionnant la “disparition” de 10 000 mineurs non accompagnés ont suscité des préoccupations majeures.

Un « événement parallèle » organisé en coopération avec le Comité PACE sur l’égalité et la non-discrimination : Mobilisation des femmes en Europe en 2016: quel impact sur les politiques ?

Un débat « comment lutter contre la discrimination et le discours de haine dans l’ère post-vérité »

Le mercredi soir avait lieu une rencontre spéciale pour les ONG confessionnelles (CINGO groupe). Daniel Guéry (MIAMSI) en est le coordinateur. Lors de chaque APCE (Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe) et Conférence des OING, cette rencontre a lieu en marge des sessions officielles. Nous avons échangé sur le discours du Pape François aux 27 Presidents et Chefs de Gouvernement de l’Union Européenne.

Je suis également allée à la Réception à l’Hôtel de Ville pour le 40ème anniversaire de la Conférence des OING le jeudi soir, et une Adjointe au Maire de Strasbourg nous a adressé un discours à cette occasion.

 

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