Document de travail sur la traite

Ce document peut servir comme  aide à des groupes qui désirent réfléchir sur la traite humaine .

1. La Traite humaine

 La traite des êtres humains regroupe plusieurs formes d’exploitations des êtres humains, les plus courantes étant la prostitution, l’esclavage et le travail forcé mais on peut aussi y inclure – entre autres – le prélèvement d’organes  ou la mendicité forcée. Le terme de trafic d’êtres humains peut être utilisé dans la presse mais le terme juridique exact est le terme « traite des êtres humains ».

2.     Data sur la Traite humaine

number-victims-ht-byregionLes chiffres qui suivent sont des estimations, car dû à la nature de la traite il est très difficile d’obtenir des chiffres exacts.

  • Nombre de personnes trafiquées dans le monde: 35,8 millions en 156 pays:
    • 70 % du total des victimes identifiées sont des femmes et des filles et 30% des hommes et des garçons.
    • 35% de toutes les victimes de la traite constituent globalement des enfants de moins de 12 ans.
  • Dans le monde 79 % des victimes de la traite recensées le sont pour l’exploitation sexuelle.
  • Dans l’UE environ 69% des victimes du trafic humain font objet de l’exploitation sexuelle.
  • 2 millions  d’enfants sont exploités sexuellement dans le monde !
  • De ces victimes de la traite 21 millions le sont pour le travail forcé (11,4 millions de femmes et de filles et 9,5 millions d’hommes et de garçons).
  • Chaque année d’un à deux millions de personnes sont victimes de la traite partout dans le monde. De ceux-là environ 50.000 sont transportés vers les États-Unis.
  • Ce crime génère dans le monde 300 milliards de dollars debénéfices par an. Les pays de l’UE bénéficient de ce trafic à la hauteur de 2,5 milliard d’euros par an.
  • Deux tiers de ces bénéfices proviennent de l’exploitation sexuelle. Aujourd’hui le trafic humain est plus lucratif que celui de la drogue.

3.     Pape François sur la traite humaine

p1060003-aDes phrases prises de différents documents écrits ou des discours prononcés par le Pape François.

L’Église a le devoir d’être impliquée dans la politique quand il s’agit de lutter contre des problèmes globaux tels que la traite des êtres humains.

La traite des êtres humains, sous toutes ses formes à des fins d’exploitation sexuelle, des organes, la prostitution, le travail forcé, l’esclavagisme moderne  doivent être déclarée un crime contre l’humanité.

Aujourd’hui comme hier, à la racine de l’esclavage, il y a une conception de la personne humaine qui admet la possibilité de la traiter comme un objet. Une autre cause est un système économique où au centre se trouve le dieu argent et non la personne humaine. Ce système produit des personnes qui sont prêtes à tout pour s’enrichir. D’autres causes sont la pauvreté, le sous-développement et l’exclusion, spécialement quand ils se combinent avec le manque d’accès à l’éducation ou de faibles opportunités de travail.

L’un des défis à relever dans cet engagement pour finir avec la traite humaine est une certaine indifférence générale et même une complicité, une tendance de beaucoup à regarder ailleurs (Evangelii Gaudium, 211) où de puissants intérêts et réseaux économiques de la criminalité sont en jeu.

Nous devons exposer ces crimes cachés. C’est notre impératif moral de faire de notre génération la dernière génération qui doit lutter contre le commerce des vies humaines. Il est maintenant nécessaire de mettre fin à la traite des êtres humains et d’éradiquer toute forme d’exploitation.

Je désire inviter chacun, à faire des gestes de fraternité à l’égard de ceux qui sont tenus en état d’asservissement. Demandons-nous comment, en tant que communauté ou comme individus, nous nous sentons interpellés quand, dans le quotidien, nous rencontrons ou avons affaire à des personnes qui pourraient être victimes du trafic d’êtres humains, ou quand nous devons choisir d’acheter des produits qui peuvent, en toute vraisemblance, avoir été fabriqués par l’exploitation d’autres personnes. Certains d’entre nous, par indifférence ou parce qu’assaillis par les préoccupations quotidiennes, ou pour des raisons économiques, ferment les yeux. D’autres, au contraire, choisissent de faire quelque chose de positif, de s’engager dans les associations de la société civile ou d’effectuer de petits gestes quotidiens, qui peuvent donner l’espérance, ouvrir des voies, changer la vie d’une personne qui vit dans l’invisibilité, et aussi changer notre vie par la confrontation à cette réalité.

Je lance un appel pressant à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, à ne pas se rendre complices de ce mal, à ne pas détourner le regard face aux souffrances de leurs frères et sœurs en humanité, privés de la liberté et de la dignité, mais à avoir le courage de toucher la chair souffrante du Christ, qui se rend visible à travers les innombrables visages de ceux que Lui-même appelle « ces plus petits de mes frères » (Mt 25, 40.45).

Dieu demandera à chacun de nous : Qu’as-tu fait de ton frère ? (cf. Gn 4, 9-10). La mondialisation de l’indifférence, qui aujourd’hui pèse sur les vies de beaucoup de sœurs et de frères, requiert que nous nous fassions tous les artisans d’une mondialisation de la solidarité et de la fraternité, qui puisse leur redonner l’espérance, et leur faire reprendre avec courage le chemin à travers les problèmes de notre temps et les perspectives nouvelles qu’il apporte et que Dieu met entre nos mains.

4.     Comment pouvons-nous contribuer à leur rendre la joie?

En m’engageant pour contribuer à l’éradication de la traite humaine

5.     De l’esclavage à la sainteté : Sainte Joséphine Bakhita

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Ste Bakhita

Née en 1869 à Olgossa, une région du Darfour, elle est enlevée et réduite en esclavage par un général turc. Scarifiée et battue, Bakhita est vendue à plusieurs reprises. Les mauvais traitements n’empêchent pas la jeune fille d’être loyale envers « ses maîtres ». En 1883, elle a alors 14 ans et est vendue au consul d’Italie à Khartoum, Callisto Legnani. Ce dernier l’emmène en Italie avec lui, fuyant les multiples conflits du Soudan.

En Europe, elle change à nouveau de maître et est envoyée dans une famille qui attend une naissance : les Michieli. C’est dans cette famille que sa vie changera définitivement. Chargée du nouveau-né, Bakhita est préposée à son éducation, elle y découvre l’amour. Elle reçoit le baptême en 1890 et, trois ans après, elle entre dans la vie religieuse.

Douze ans après sa mort – en 1947, lors d’une grave maladie – sa bonté et son témoignage de foi poussent les autorités vaticanes à ouvrir son procès de canonisation. Elle est béatifiée en 1992 et canonisée par Jean-Paul II le 1er  octobre 2000.

Jean Paul II, sur Sainte Joséphine Bakhita : 

« La vie de Joséphine Bakhita inspire la détermination ferme de travailler de manière efficace pour libérer les personnes de l’oppression et de la violence. Sainte Joséphine Bakhita a fait l’expérience de la cruauté et de la brutalité avec lesquelles l’homme peut traiter ses semblables. Enlevée et vendue comme esclave quand elle était encore enfant, elle a connu beaucoup trop la souffrance et ce que c’est que d’être réduit à l’état de victime, des maux qui affligent toujours d’innombrables hommes et femmes dans sa patrie, dans toute l’Afrique et dans le monde. Sa vie inspire la ferme  détermination de travailler de manière efficace pour libérer les personnes de l’oppression et de la violence, en assurant que leur dignité soit respectée dans le plein exercice de leurs droits. »

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